La 2ème journée c'est avérée bien plus aisée malgré une nuit glaciale et un réveil brutal dû au vent qui avait enlevé le toit de notre tente.
Nous sommes donc partis du bivouac proche d'Enjil situé sur un plateau montagneux par la route.
Le Road book était très simple on ne pouvait pas se tromper, de plus des nombreux policiers Marocain étaient placés aux embranchements difficiles ce qui nous a bien facilité la tache et nous a conforté dans nos décisions.
Même si nous sommes partis assez tôt du bivouac la route fût longue et la nuit tomba avant notre arrivée.
Cela peut paraitre bizarre au Maroc, mais un énorme orage s'est déchainé et certaines voitures
non même pas pu arriver car elles étaient bloqués par la pluie et des inondations.
Heureusement que l'on était bien accueillis à l'arrivé au bivouac de Erachidia et que l’on n’a pas eu de problèmes mécaniques sur la route. Certains ont eu leur pare brise brisé
, et nous leur avons généreusement donné celui que nous avions de rechange.. Solidarité 4L Trophy !
3éme étape :
Après une nuit à l’abri d’une longue et haute dune, dans un décor paradisiaque, nous nous sommes élancés pour la première étape sur piste ! Tout le monde était ravi et impatient de pouvoir rouler sur la piste afin de tester son joli bolide préparé (ou pas).
Nous avons, je pense été les premiers du rallye à nous embourber, puisque 10km après le début de la piste nous avons pris un chemin un peu plus direct, qui nous emmena directement dans un « Oued mou » . Deux Marocaines, sont sorties de leur maison et on couru nous aider. Heureusement ! Parce qu’en fait, notre baptême du sable fut assez épique ! On s’est rendu compte qu’il n’était pas aussi facile de sortir du sable. Et oui la 4L a si peu de puissance que l’on callait juste en essayant de faire tourner les roues ! Résultat : l’embrayage en a pris un coup. Une bonne odeur de cramé suivi de fumée nous ont bien motivé à donner tout ce que l’on avait pour pousser.
L’arrivée à Merzouga était assez grandiose. Les fameuses dunes, si hautes qu’il était difficile d’y monter, se dressaient au pied du bivouac. Ce fut la
tant attendue remise des dons à l’association enfant du désert,
L’occasion d’alléger les voitures pour la suite des événement et notamment l’épreuve de franchissement de
dunes.
Une ligne droite pour accélérer, des organisateurs criant « Allez allez allez !! A fond !! A fond !! » nous ont fait prendre une bonne vitesse pour franchir sans problème cette dune et le virage à 180 degrés qui s’en suivait. Une bonne montée d’adrénaline pour nous !
Les organisateurs du 4L Trophy nous avaient réservé une superbe soirée avec un orchestre, des danseurs et un super feu de camp.
Le lendemain après une bonne nuit (et une bonne soirée ;) ) l’étape reliant Errhachidia à Merzouga, était semée d’embuches ! Le Fameux bac à sable du 4L Trophy n’était pas ce petit franchissement
de dunes de la veille mais un oued ou l’on a roulé (ou surfé) sur plusieurs kilomètres. Toutes les voitures se sont embourbées au moins une fois.
Tout le monde s’embourbe mais tout le monde aide les embourbés ! Les 4L repartaient le plus souvent en poussant simplement ou en utilisant des plaques de désensablement. C’est ce jour là que notre premier souci technique arriva. Petit souci, mais embêtant quand même. Une des attaches du coffre, au niveau des charnières, s’est cassée.
Nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir s’en apercevoir assez tôt. C’est en voulant ouvrir le coffre pour cherche nos boites de ravioli quotidiennes, qu’il est presque tombé. Heureusement que
l’on avait amené une sangle de remorquage. Donc on a rafistolé tout ça du mieux qu’on a pu. Voyez par vous-même :
Une journée épuisante, mais pleine d’excellents souvenirs. La soirée qui s’en suivi fut assez courte puisque tout le monde se coucha tôt ! Tout le monde était aussi bien fatigué et voulait récupérer pour pouvoir être en forme pour la dernière étape dite « Marathon ». Deux jours en totale autonomie pour relier Timerzif à l’arrivée située à Marrakech.
Etape marathon :
Une vraie course d’orientation ! Le parcours était assez étrange sur la papier. Mais une fois sur place, nous avons découvert des paysages exceptionnels ! Des étendues immenses et plates de terre
entourées de montagne plus ou moins hautes, des cols des oueds… le beau temps était au rendez vous pour nous éclairer ces magnifiques territoires.
On a réussi à couper à travers le désert quelques fois pour pouvoir gagner quelques kilomètres mais du coup nous avons loupé un Check Point caché au bout d’une ligne droite, à une épingle…
Dans ce désert, il était souvent possible de rouler à plusieurs de front. Nous avons pu faire une belle pointe de vitesse à 90 km/h, mais on roulait
en moyenne à 30-40 km/h. La poussière et le sable n’ont pas beaucoup plus à tous les moteurs les derniers jours, mais jusqu'à là le notre s’en
était très bien sorti (notamment grâce à un filtre à air customisé à la lingette hygiénique imbibée d’huile : voyez plutôt son état après seulement deux jours de piste!
Par contre, le roulement de galet tendeur de courroie n’a pas apprécié ce surplus de sable. Il n’était absolument pas protégé. C’est au beau milieu du désert qu’un bruit aigue de courroie nous força à nous arrêter… Ce fameux roulement était bloqué et la courroie glissait sur la poulie qui était du coup elle aussi bloquée, ce qui allait la détruire et nous obliger à la changer. Le problème était que nous n’avions pas de galet supplémentaire pour le remplacer. L’esprit de Mac Gyver est descendu et l’inspiration m’en venue : Un bon coup de dégrippant et c’était reparti !
La suite de la route fut bien moins une partie de plaisir. Dans le road book, ils l’appelaient « l’enfer des cailloux ». C’était justifié ! Il y avait une bonne quinzaine de bornes ou les cailloux était si pointus et saillants que beaucoup de 4L ont crevé ! Nos pneus « carrefour » ont au final très bien tenu mais devait on roulait à 10-20km/h pour pouvoir avoir le temps d’éviter les plus gros cailloux.
Nous nous sommes arrêtés bivouaquer à la tombée de la nuit, là ou un groupe de 5-6 voitures s’était déjà installé. Pastis, cacahuètes, raviolis, tentative d’allumage de feu, et nous sommes allés rejoindre le bivouac d’à coté où le feu avait l’air d’être efficace ! Mais l’ambiance était aussi au rendez-vous, puisque qu’un 4x4 de Berbères avait installé son camp. Nous avons sympathiquement été accueillis pour passer la soirée avec eux, et avec leur djumbés leur chants leurs narguilets et leur thé à la menthe, nous avons passé une soirée dont on pourra se souvenir !
Sur les 250 km de piste prévu pour les deux jours, nous en avons parcouru 185 le premier jour et le reste le second.
Manque de chance 200m avant le Check point final, un autre bruit tout aussi inquiétant nous força à nous arrêter. Ce fut ce fameux roulement qui s’était silencieusement détruit. Des copeaux de
métal pendaient. Quelle chance de n’avoir ce problème qu’à la fin de la piste. Des jeunes marocains sont directement venus nous voir pour nous demander si l’on n’avait pas besoin de ressouder
quelque chose. Ils sont tombés à pic ! Ils nous ont escortés en mobylette jusqu'à un garage dans la ville de Zagora.
Par chance le roulement n’a pas complètement lâché jusque là heureusement.
Coffre soudé, roulement changé, nous nous sommes hâtés de nous rendre à Marrakech pour l’arrivée (classement final : 190èmes sur 1200 voitures), où l’on a récupéré notre coupon pour l’hôtel et donc pour la meilleure douche de notre vie. Nous sommes donc arrivés dans un hôtel très luxueux, même presque trop, comparé avec ce que nous avons pu découvrir du Maroc. Après tout peut être que nous l’avions bien mérité.
Il ne restait plus qu’une épreuve : revenir en France entiers, et avec la voiture !
2700 Kms d’autoroute ! Nous avons pris le bateau le dimanche soir à Algesiras et sommes arrivés à 22h30 en Espagne.
Un brin de folie nous a poussé à faire les derniers Kilomètres d’une seule traite.
Lorsque l’un dormait, l’autre conduisait, et ainsi de suite pendant 30 heures, jusqu'à Paris pour déposer Théo, et Val de Reuil pour moi. Je suis arrivé en Normandie à 03h30 lundi soir, des souvenirs plein la tête et prêt à reprendre les cours 5h plus tard…
J’en profite pour remercier ceux qui ont participé tant financièrement que matériellement ou moralement. Ce projet était un vrai défi, d’abord pour trouver des sponsors et puis pour la préparation technique de la voiture.
Sans vous ce projet n’aurait pas pu aller jusqu’où il a été… Merci à vous tous !!!
PS : Vous trouvez tous nos sponsors sur la gauche du site, ainsi qu’un lien pour pouvoir voir toutes nos photos prises lors du raid et pendant la préparation.
Vous trouverez aussi l’article paru dans le Paris-Normandie le jour de notre départ.
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